Qui s’assemble se ressemble.

 

C’est par cette pirouette sémantique que le travail de Judith Willame peut s’interpréter. En totale liberté, Judith récolte, colle, recouvre, colore, trace, marque ce que nous appelons tableau. Mais c’est plus que cela, c’est une représentation de la vie pour paraphraser Robert Rauschenberg.

 

Ainsi nous pouvons découvrir  des collages bariolés, chantants, “graphiques”, ou au contraire quelques coups de brosses qui sembleraient nonchalants de prime abord, quelques traits sur une toile brute qui évoqueront un autoportrait, un lieu ou même une heure. Cette référence au monde musical n’est pas anodine. Car même si on pourrait penser de prime abord que ces compositions sont primitives (on pourrait penser à certaines peintures de Natalia Goncharova) hasardeuses, il n’en est rien. Chaque oeuvre est composée, chaque geste est choisi. En visitant son atelier cocon, il n’y a qu’à voir la palette que l’artiste use dans ses peintures, ses feutres ou  ses papiers pour s’en rendre compte.

 

Contradictoire me diriez-vous ? L’oeuvre dans son ensemble ne reflète que dialogue, dialectique, échange et empathie. Les éléments peuvent isolément sembler se contredire, se rejeter, discorder ; c’est tout l’art de Judith Willame, qui, enchanteresse de la couleur et de la forme agit pour enfin les réunir, créer l’échange, la confrontation, la rencontre. Serait-elle magicienne ? Je le crois. Tous les artistes sont-ils des magiciens ? Je ne le crois pas.